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Pause.

Me voilà à mon clavier. Tu sais, j’aime écrire. Quand on me demande de parler de mes passions, l’écriture vient toujours en premier. J’ai toujours aimé ça. Gribouiller des mots qui s’suivent et des phrases qui sonnent douces. Autrefois c’était dans des petits calepins, puis j’ai commencé à présenter ça sur internet. J’me rappelle de certains de mes premiers textes, parfois gênée d’pitcher ça à la vu de tous, mais toujours aussi heureuse de partager, de jaser, de connecter.

Tu vois, les derniers jours m’ont fait réaliser des trucs. On est en pleine période de crise. J’ai plus de revenus qui rentrent, la majorité de mes clients ont du fermer. Une chance que j’étais bien organisée, mais j’vais quand même demander l’aide aux travailleurs autonomes. Ma petite business aide au fonctionnement d’autres business. Si eux ne sont pas là, moi j’suis rien.
J’ai donc pris le temps de prendre des nouvelles de mes amis et clients, qui sont touchés par ce moment dur, question de s’entraider et de s’encourager. Tout en restant distant tsé.

Tu vois, quand j’te dis que j’ai réalisé plusieurs choses, en me les défilant dans la tête, j’me rend compte que ce sont des choses assez banales. Presque niaiseuses.

J’ai réalisé qu’on a beaucoup trop pris pour acquis nos modes de vie. C’tà dire qu’on a chéri nos jeudis au bar en sirotant un martini, nos soupers du hockey du vendredi, les week-ends lèvent tard, nos dates qui nous intéressent pas tant, les brunchs dans les endroits bondés et fancés, l’importance qu’on donne à nos jobs, les réunions de famille, les visites chez nos vieux, l’accessibilité et la liberté qu’on a – du moins qu’on avait. On pouvait faire ce qu’on voulait, quand on le voulait et on a malheureusement pris ça pour acquis.

J’ai l’impression que cette grande pause, qui vient de nous tomber dessu, serait peut-être pas la pire chose qui soit. J’ai l’impression que c’était comme si on avait besoin d’arrêter, de réaliser, pour pouvoir mieux recommencer. Nos vies étant tellement en mode accélérer, à essayer de vivre le plus de choses, avec le plus de monde, de façon à faire ce qu’il y a de mieux tout en essayant d’être les meilleurs. C’est juste comme si on avait saturé notre quotidien. Puis là, tout ça est à off. On a rien. On a littéralement plus rien qui tient. Plus de routine où l’abondance, le stress et l’horaire chargée, sont leader. Plus de ça. La seule chose qui nous reste en ce moment, c’est du temps. Puis avec ça, y’a qu’une chose à faire ; son possible.

Faire son possible en prenant des bains chauds beaucoup trop longs.
Faire son possible en fesant FaceTime plus de 5 fois par jour avec les mêmes chums de filles.
Faire son possible en réalisant qu’on aura pas le choix de faire certaines coupures si on veut passer au travers.
Faire son possible en tant que travailleur essentiel.
Faire son possible en s’offrant enfin le plaisir de peindre, même si ça fait longtemps.
Faire son possible en jouant à des jeux, chose qu’on avait laissé de coté.
Faire son possible en prenant nouvelles de ceux qu’on aime, du mieux qu’on peut.
Faire son possible, en se disant que c’est ben ok de boire du vin un lundi 15h.
Faire son possible en continuant le télétravail.
Faire son possible en se levant tard, juste parce que.
Faire son possible en apprivoisant d’être seule avec soi-même, si longtemps.
Faire son possible à gérer notre patience avec l’épicerie en ligne.
Juste ça, sur repeat.

J’ai jamais autant apprécié de regarder les étoiles. Comme si tout d’un coup, le ciel était clair vu la quantité d’avion qu’on y a retiré. J’me questionne si c’est ça, ou si j’ai simplement oublié à quel point c’était beau, c’que j’avais sous les yeux à chaque jour, mais qui était laissé de côté à travers les grandes choses importantes que j’avais à faire.

J’ai commencé à aller marcher dans les petites rues de mon quartier, l’endroit où j’ai grandi, où j’ai arrêté d’aller me promener dès que j’ai eu les clés de ma première voiture. Même si je les ai délaissés, les horizons du parc, du lac, des petites maisons et des ronds-points m’font pourtant tant plaisir à contempler lors des petites sorties de prises d’oxygène.

Sans oublier mes personnes. Mon monde. J’me suis jamais sentie aussi proche, tout en étant aussi loin. Les fous rires en conversations de groupe, les verres de vin et l’apéro en FaceTime, prendre des nouvelles de gens qu’on voit moins, la quantité industrielle de memes qu’on se partage. Ces connexions si simples, mais si efficaces.

Tout ça, parce qu’on prend enfin le temps.

Tu vois, j’en viens à me dire qu’on a beau décrire sa passion et en être fière, si on prend pas le temps d’entretenir celle-ci, à quoi bon? Écrire devrait pas qu’être un gagne-pain quand ça adonne. Le maintenant m’donne envie de tapocher sur mon clavier, de coucher toutes mes idées. Pourquoi pas?

Être sur pause fera surement beaucoup de tort, mais j’ai beau croire que ça fera aussi du beau, du bien.

Stay at home, wash yo hands. Puis, fais ton possible.


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