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Mon petit chez nous.

C’est fait. J’suis propriétaire de la maison de mes parents. Les papiers sont signés depuis près d’une semaine. On dirait que ça me semble irréel, surtout si je repense à tout le chemin qui m’a mené vers ce choix. Un choix que je n’ai plus jamais remis en doute.

J’habite dans le quartier de Notre-Dame-des-Rivières, à Saint-Zotique depuis toujours. Ces petites rues, entourées de rivières menant au lac, ont été plans des sorties en trottinette, des après-midis marelles, des marches pour revenir de l’école, mais surtout, elles ont été route vers la maison. Ma maison, autrefois petit chalet que grand-papa Lemieux avait acquis, sur lequel Papa a construit son nid d’amour avec M’man. Un endroit rempli d’histoires, de souvenirs, où je me suis toujours sentie bien.

Je mentirai pas, au début de ma jeune vingtaine, l’envie de partir loin, découvrir la grande ville, me tourmentait toujours un peu. Je l’avais vécu d’ailleurs, j’étais partie habiter à Montréal le temps d’un an, question de terminer mon parcours scolaire. Cette nouvelle routine était ok, mais je m’y sentais perdue, comme si je n’appartenais pas à ce décor un peu trop grand. Quelques années plus tard, de retour à la maison, j’avais décroché cet emploi qui m’avait amené à faire plusieurs heures de route pour me rendre dans l’est de la métropole aux petites heures de la journée. Vous dire comment c’était drainant. L’idée de déménager dans une ville plus près du travail m’a traversé la tête, plus d’une fois. Trouver un condo plus à l’ouest, par exemple. Un petit espace simple et près de tout, c’était ma pensée. Puis, j’ai perdu l’emploi en question et tout s’est mis à bouger. Plus aucun trafique, plus de route à se taper à chaque matin. J’ai réalisé à quel point j’étais bien chez moi, dans le confort de ma maison. Dans la tranquillité où les oiseaux sont présents et que les stress est absent. C’est peut-être là que j’ai réalisé que j’étais une fille de région.

Ma petite vie a été un brin brusquée quand Maman est tombée malade. Par sa demande, notre maison avait été mise en vente. J’avais de la peine à penser que notre maison familiale pourrait être habitée par des inconnus. Surtout après toutes les années où Papa m’avait dit qu’un jour ce serait ma maison. À cette époque là, bien que l’idée d’être propriétaire était encore très loin, j’avais nullement envie de perdre l’endroit qui me fesait sentir chez nous. J’ai jamais partagé l’annonce de la maison à vendre. Peut-être une fois. Deux années ont passées, aucune visite. Puis, plus les jours de Maman était comptés, plus j’étais familière avec ses dernières volontés. Conserver la maison familiale, la transformer en maison de mes rêves afin que moi et papa y vivions une belle vie. Ça sonne surement triste à lire, mais pour moi c’était doux. Toute qu’un précieux héritage, que de prendre soin de sa demeure et des années de retraite de mon père. Puis elle est partie.

Maintenant, 2 ans plus tard, on s’apprête à donner un vent de fraicheur à la maison. Nouvelle devanture, nouvelle cuisine, nouvelle salle de bain, sans parler des choix de couleurs. Depuis les deux années qui y sont passées, j’ai pris le temps de remarquer à quel point j’aime mon petit chez nous, ce petit village où tout le monde est si familier. De l’emballeur à l’épicerie, à la dame du bureau de poste. Par le sentiment de proximité avec la nature, pour les jours de plage, pour toutes les activités auxquelles j’ai pris part, pour tous les hivers où j’ai patiné à en avoir les pieds gelés. Saint-Zotique – le village, pas la rue, comme j’aime tant le dire – a quelque chose qui fait du bien. J’ai eu la chance d’avoir un mandat à l’agence en collaboration avec eux, et je dois dire que c’était une belle flatterie. Faire rayonner ma ville, à travers mes yeux et les yeux des créateurs de contenu a été une belle mission. Parce que quand tu parles de région, les gens pensent que t’habites en plein milieu d’un champs tsé. J’avais pour but de démontrer la proximité des services, tout en étant en « campagne ». Qu’aller à l’épicerie m’prend 5 minutes, comme me rendre en paddle board dans la baie. J’ai tellement eu de fun cet été à redécouvrir ma ville – une pensée à quand on est aller se bourrer la face de lobster rolls au Festival des footrucks 😍.

Bref, j’ai réalisé qu’à 27 ans, j’ai la petite fierté de dire que j’ai ma maison de rêves, qui a été celle de ma famille. Que j’ai la chance d’avoir une maison au bord de l’eau, alors que je pensais que ce serait un plaisir inatteignable. J’ai hâte de voir ce que les années à venir m’apporteront, mais j’suis convaincue que mon choix de rester établie ici est le bon.

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