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La lumière du frigo.

Ely, te souviens-tu la première fois que t’as été témoin d’une crise d’angoisse. C’était dans le bus, en secondaire quatre, au retour d’un séjour de Boston. Une amie de classe s’était mise à hyperventiler, pour aucune raison particulière. Si tu te souviens, à ce moment là, du haut de tes seize ans, t’avais pas trop compris c’qui s’passait. Tu étais inquiète, mais incrédule. Pour toi, manquer d’air comme ça, c’était improbable, même si on te l’expliquait, pour toi l’anxiété c’était un mal bizarre. 

Puis, le temps a filé. T’es devenue une adulte. Avec le courant de la vie, t’as fini par comprendre que parfois, pour ta tête et ton petit coeur, ça peut être facile de «dé-clutcher» des émotions et des états d’âme, même si t’as toujours été ben correcte. Tu t’es rendue compte que même si tu te sens à ton top quand tu gères tout à la perfection – de ta manière imparfaite, ça peut arriver que tout ça prenne le bord quand y’a une faille dans ton quotidien. Une chicane avec ton chum, un imprévu monétaire, un conflit d’amies ou encore trop de contrats pertinents auxquels tu veux pas dire non par peur de manquer de travail un jour. C’est drôle, j’te regarde aller des fois pis j’me dis que tu devrais slaquer un peu. Dire que t’avais pas pris de vraies vacances depuis plus de cinq ans, c’est fou. Au moins, j’suis rassurée, t’as compris que décrocher, c’est nécessaire pour ton petit bonheur. 

Tsé Ely, tu pourras pas toujours avoir le contrôle sur tout. Comme pour tes rénos que tu devais commencer en Avril. C’est peut-être correct aussi que le projet vienne de débuter. Ton travail que t’aimes tant, même si tu dois composer avec un mode de vie différent, vivre avec le stress de la rentrée d’argent au bout de 30, 60 et 90 jours et non pas le confort du salaire stable aux semaines, depuis 3 ans bientôt, tu t’en sors pas pire. T’es sur le point de devenir propriétaire de la maison de tes parents, à 27 ans, sans l’aide de personne, alors que tu pensais même pas être capable de te nourrir quand t’as commencé. J’ai remarqué aussi que t’avais eu une petite drop d’amour propre à l’automne. T’as pris le temps qu’il fallait pour te réconcilier avec toi-même, pis c’est parfait. Pleurer, ça a jamais tué personne. Arrêtes de penser que t’es faible parce que t’aurais pu remplir un bain de larmes tellement tu t’feelais pas. C’est passé, tout est ok. T’as la tête qui tourne parfois, débordée par les milliers de projets qui t’entourent. C’est génial, t’as encore tellement de passion pour tout ce que tu accomplis. C’est rassurant de savoir que t’as pris le bon chemin. Au pire, tu te serais retrouvé, j’en doute pas une seconde. 

Dans les choses les plus drôles, y’a le fait que tu remets souvent des petites choses à demain. Malgré ton ambition et toute ta drive pour des petits et gros projets, ça t’arrive. Des minimes parcelles de ta vie, parfois par peur, parfois par manque de temps. Des bouts de ton quotidien, aussi insignifiant que ta maudite lumière de frigo. Ouais, elle. La maudite lumière qui est brulée depuis près d’un an. Tu repousses cette petite tâche, qui t’prendrait quelques minutes, alors que tu t’pitches à prendre soin de tes fines herbes quotidiennement. Pourtant, à chaque fois que t’ouvres le frigo, tu soupires pis tu chiales parce que t’arrives pas à trouver facilement tes champignons Portobello le soir quand y fait noir, avant de faire un petit bbq sur ta terrasse. C’est drôlement fait la vie des fois. Ce serait si facile de limiter des petits moments négatifs comme ça, en allant t’acheter la bonne petite criss de lumière. Moins de soupirs, moins de gossage. Mais ça, c’est toi aussi. Avec ton impatience pour les petites affaires niaiseuses. Comme simplement te rendre pour acheter cette ampoule là. Ça t’embête, de perdre ton temps pour ça. Sauf que tu commences à comprendre que des fois, on peut pas toujours faire ce qu’on veut, ce qui est l’fun. Faut des moments comme ça, pour fixer c’qui marche pas. Pis voir un peu plus clair – la pognes-tu? 

Ely, faut que tu penses à ce que tu fais de bien, au lieu de ce que t’as pas fait du tout. Faut que t’arrêtes de te mettre sur les gros nerfs quand la ligne se brise, l’instant d’un court moment. La vie, c’est ces moments là. Où parfois, tu te sens comme ci comme ça.

*crédit photo couverture @pinterest

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