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Maison familiale : notre petite histoire de rénovation!

J’habite Saint-Zotique depuis toute ma vie. Ce petit village à l’ouest de Montréal, situé à 10 minutes des lignes de l’Ontario est ce que je connais le plus par coeur. Notre maison, contient tous mes souvenirs d’enfance. Nostalgie des après-midis dans le carré de sable lors de mes 5 ans, comme je me rappelle la première fois où on a fait un party et que des gars ont dormi dans des tentes sur le terrain. L’adolescence s’est passé, puis la vie a vite changée. 

Notre maison est une grande maison à étages au bord de l’eau. Elle est sous forme de duplex, puisqu’un cinq et demi y est attaché. C’est présentement ma maison. De l’autre côté, Papa y vit seul. Depuis le décès de maman, j’ai l’impression que leur maison est un amas de souvenirs, mais qu’elle est prise dans le temps. Mon père vivant son petit quotidien de monsieur retraité, a pas changé grand chose depuis son départ. Je l’ai aidé à se départir de quelques trucs inutiles, ou encore de la garde robe de maman. Elle avait de jolis morceaux, on a fait profiter la famille. Une robe par ci, un pull par là. 

Mai 2017, exactement deux mois avant que ma mère nous quitte, celle-ci m’a fait part de ses dernières volontés. Sans entrer dans les détails, puisque j’ai partagé souvent notre petite histoire, ma mère fut malade pendant cinq ans. Elle et moi, ça été très houleux, parfois douloureux. Mais une mère, c’est une mère. Le chagrin et la colère ont prit le bord alors que je sentais que ses jours étaient comptés, étant bien à l’écoute de ce qu’elle désirait. 

« La maison, c’est celle de ton père. C’était le chalet de ton grand-père, il a tout fait de ses propres mains pour nous construire une maison où on y vivrait bien, où on saurait s’entourer de notre petit monde pour y vivre une belle vie. Si on lui enlève ça, son bord de l’eau et sa pêche, j’ai l’impression que son monde tiendra à rien. Quand je serai plus là, retirez les pancartes. Gardez-là. Vous aurez juste à switcher de côté. Tu mettras l’amour que tu veux dans cette maison là. Tu l’arrangeras à ton goût. Organises-toi avec ton père. Si tu ne te fais pas d’amoureux d’ici là, il y aura assez de place pour des amies. C’est tout ce que je demande. » 

Après trois années à combattre le cancer, Maman avait supplié Papa de la vendre. L’immensité de la demeure rendait la vie au quotidien pénible. Mon père travaillait, Maman était à la maison. Même si elle n’avait pas la force, elle s’affairait à l’entretenir du mieux qu’elle pouvait. Elle avait été sur le marché immobilier durant deux ans. Étant pas nécessairement au goût du jour, son prix assez haut vu sa position au bord de l’eau, laissait tout le monde indifférent. Aucun appel, aucune visite. Puis dans le fond, c’était peut-être un signe. 

C’est quand on était aux soins palliatifs, dans la quiétude d’une soirée où je me suis retrouvée avec mon père, que je lui ai confié les dernières volontés de sa douce. Mes parents se chicanaient souvent, ils avaient des caractères assez flamboyants, par contre, ils se sont toujours aimé. Et c’est en voyant les yeux brillants de mon père, que j’ai compris que la dernière volonté de Maman lui faisait plus que plaisir. J’ai parlé de changer de côté, de garder le bord de l’eau.. et il m’a simplement répondu « Si c’est ce qu’elle veut, ce sera ça. » 

Puis, le temps a passé. Elle nous a quitté, les pancartes ont été retirées et le cours de nos vies ont repris. Jusqu’à cet été, où j’ai fais savoir à mon père qu’il était temps de procéder, que j’avais le temps et les opportunités pour faire le changement nécessaire dans la maison. Prenez une maison qui a trente ans d’âge, vous y retrouverez beaucoup à faire. J’ai donc proposé de devenir co-propriétaire de l’entièreté de la résidence, en lui mentionnant que je lui redonnerais une deuxième vie. J’ai envie que tout soit lumineux, joyeux. J’ai envie que les souvenirs heureux d’autrefois, s’entremêlent à ceux d’aujourd’hui. J’ai envie de partager cette maison là avec mon amoureux, mes amis et ma famille. J’ai envie de cuisiner et que la cuisine se remplissent d’odeurs que j’aimais tant autrefois, au même endroit. 

Je pense que c’est une des plus belles chances que j’aurai, de pouvoir entretenir cette tradition familiale, qu’est d’être la troisième génération à habiter ici. J’ai hâte de vous en partager un peu plus, c’est excitant, un peu épeurant, mais ce sera beau. Ça je le sens. 

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