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La grande panne de confiance en soi.

Hé oui, ça m’est arrivé. Je pensais jamais dire ça, mais oui. À 26 ans et des poussières, j’ai touché un peu le fond. Ma switch de m’aimer s’est mise à off. Ça m’était jamais arrivé de vivre ça de même. Pis j’pense que c’est un bon reality check de le partager. Parce que pour vous comme pour moi, souvent, on regarde aller le monde sur Instagram en pensant bien que tout est rose, brillant et si beau. Mais des fois, c’est pas le cas. Et je pense que depuis toutes les fois où j’ai été transparente avec vous, celle-ci est celle qui me rentre le plus dedans. Pourquoi? Parce qu’on dirait que de montrer à la lumière du jour, la faiblesse que j’ai eu, représente une faille. Alors qu’au contraire, je sais que ça peut simplement faire de moi une femme ( ou fille, à 26 ans j’suis comme pas encore sure de savoir dans quelle catégorie me placer tsé ) plus forte. Pis aussi, je me rends compte que j’ai été assez forte dernièrement pis que si j’ai tombé un peu en bas de ma chaise, c’est pas tant la fin du monde! Une débarque, on s’en remet tsé. 

En gros, on se souvient, j’vous avais fais part de comment j’me sentais comme d’la marde en Novembre. ( juste ici ) La dépression saisonnière m’avait rentré dedans pis pas à peu près. J’avais des boutons, j’me sentais gonflée à mort, j’étais démotivée pour plusieurs petites et grandes choses, j’remettais plusieurs amitiés en question et même ma personne. Étais-je à la bonne place, est-ce que je ce que fais, j’le fais bien? C’est con, une petite chose qui en fait débouler tant d’autres. En d’dans de mon coco, toutes ces questions se bousculaient à un rythme fou. Le mois de Novembre a passé, puis le mois de Décembre est arrivé.

L’enfant en moi était si contente, si heureuse de décorer, de trouver des petits cadeaux pour mon chum, mon père, mes proches… mais au fond de moi, quelque chose tournait pas rond non plus. J’avais le sentiment que je ne me sentais pas moi, en dedans. Pas juste dans ma tête là, mais physiquement. Je sentais que mon corps coopérait pas. J’avais plus autant de contrôle sur moi, depuis cet été. L’été où j’ai shut down pour aucune raison. – On se rappelle de mes stories qui comptait les 72hrs sans sortir du lit – Et puis surtout depuis que mon entraîneur avait pris mes mensurations depuis août, réaliser que rien n’avait changé avait fait en sorte que j’avais eu mon premier gros down de l’entrainement. Puis, il a partagé l’histoire d’une de ses clientes. En 6 mois, en mangeant relativement bien – comme je fais – et en s’entrainant 3 fois semaine – comme je fais aussi – elle avait perdu 60 livres. J’en avais pris 11. Depuis 1 an, mon corps changeait, se raffermissait, mais j’vivais pas de grands changements qui étaient frappants. * pis là, partez pas en panique, je veux pas perdre 100 lbs pis je rêve pas de maigrir jour et nuit, j’suis simplement certaine que perdre quelques livres m’aiderait à profiter encore plus du potentiel que mon corps a à offrir, c’est tout –  Pis là j’ai commencé à remarquer quelques petites choses, qui avait changées mais pas dans le bon sens. Mon ventre était définitivement plus gonflé, genre plus que jamais. Mon visage aussi. Y m’semblait plus difficile de prendre une selfie. Coudonc, messemble que j’avais pas ça ce petit double menton là. Bon ok, j’avais pris un petit break de l’entrainement pour les fêtes, mais au point de me sentir de même si vite? Voyons. J’ai même eu peur d’être enceinte – quand je dis avoir peur, c’est parce qu’on est pas encore certains de vraiment savoir si on veut des enfants ou non – au point que j’ai passé pas 1 test mais bien 2. Négatif. Pas de bébé dans mon bedon qui semblait pourtant beaucoup plus rond. 

Le soir du 20 décembre, c’est là que j’ai été le plus à l’envers. C’est là que tout a viré d’travers. J’avais un party de Noël à l’agence où je suis représentée. Une belle soirée où j’aurais la chance de rencontrer de nouvelles personnes qui sont dans le même domaine que moi, des ami(e)s que je côtoie déjà aussi!  Pour l’occasion, trois semaines plus tôt, j’avais acheté la robe Zara que je désirais porter. Une robe midi en tricot beige. Le genre de robe cute qui fait chic, confortable, à porter avec une jolie ceinture à la taille. Elle m’allait comme un gant. Jusqu’au soir même. J’ai enfilé la robe. Elle me fendait sur le dos. Pas juste un peu serré. J’avais littéralement un « tire ». ( oui, comme un pneu en anglais là )  Mon petit belly qui avait toujours été là, avait pris de l’expension au point que la robe ne me fasse plus. Comment, pourquoi? Aucune idée.

J’me suis mise à pleurer. Pas juste un peu. Pleurer sans cesse. Brailler je dirais. J’étais inconsolable. Pourquoi faire tant d’efforts pour être en forme, pis voir mon corps régresser comme ça. Au même moment, j’ai entendu la sonnette de la porte avant puis quelqu’un entrer. C’était Papa. C’est en descendant vers l’étage du bas, la face pleine de larmes, qu’il m’a dit : ben voyons, qu’est-ce que t’as. J’ai jamais pleuré devant mon père, ben jamais de même. J’ai pas été capable de dire un mot, que je me suis juste lancer dans ses bras. Lui, tentant de me réconforter, en sachant pas trop pourquoi j’étais dans un tel état, me posant plein de questions, inquiet comme jamais. J’ai bafouillé que ma robe ne me faisait plus, que je me sentais pas bien, pas belle, j’ai expliqué pour les tests de grossesses. Pis lui, sachant pas quoi dire, ni quoi faire – classique d’un père qui vit une première fois de  » ma fille qui pleure dans mes bras » – m’a dit : « Ely voyons, fais juste changer de robe, tout va aller. Vas-y à ton party. Empêches-toi pas pour ça. »

J’suis remonté à ma chambre, j’ai texté une amie qui m’a relancé des mots que je lui avais dis une semaine avant : « Pourquoi te forcer à te présenter à un endroit où tu t’sens pas capable d’aller. Fais juste dire non, prendre du temps pour toi, ça va se placer. » Pas besoin de nommer l’amie,  mon petit ange gardien de cette soirée là s’reconnaîtra.

J’ai repris sur moi, je suis allé m’étendre, le visage boursoufflé de grosse peine et j’ai prétexté à mes ami(e)s qui m’attendait au party que j’étais trop brulée pour faire encore l’allé-retour maison/montréal. Pour une première fois, j’ai paniqué à l’idée de sortir, et de me sentir aussi mal en dedans, pour ce que j’avais l’air à l’extérieur. J’ai menti pour pas que personne me voit comme ça. Pis ça, c’est pas moi. Z É R O moi. Ça m’a pris quelques heures, pour gérer ma peine et mon anxiété. J’me suis souvenue que mes deux amies célébraient leurs fêtes au resto-bar du coin, j’ai écris un texto à savoir si je pouvais me pointer même si j’avais dis que je n’y serais pas. J’ai enfilé du linge qui m’allait, une veste de laine beaucoup trop ample et j’me suis placé la face. Comme quoi quand tes ami(e)s savent te gérer quand tu feel croche et que le bar où t’as passé la moitié de ta jeunesse sait t’accueillir, y’a rien de mieux pour faire passer les sentiments laittes que tu ressens. Quelques bouteilles de bulles plus tard, un hangover le lendemain, j’avais réussi à passer par dessus ma débarque.

Quelques jours après l’incident, j’ai commencé à parler de comment je me sentais par ci, par là. Les échos des discussions disaient que c’était peut être un problème de glande thyroïde, hyper commun… ça te fait enfler et sentir comme de la marde.  Ça aurait du sens, sachant que je bouge pis que je mange des cannes de thon et du céleri accompagné d’oeuf cuits dures, tout en me sentait comme une montgolfière. Pis m’sentir comme de la marde, c’était le cas. J’avais le moral à terre depuis Novembre. J’ai pleuré presque à chaque jour. Pauvre chum, qui a du subir tout ça. Mais merci à cet humain parfait, qui a su si bien me gérer et m’aimer malgré tout ce chaos que j’étais.

 J’ai pris rendez-vous chez le médecin, pour faire un check-up ultime. Le 9 janvier, enfin ça approche. Je veux parler de mes soupçons sur ma santé. De comment je me sens en dedans de mon corps et de ma tête aussi. Parce que c’est ça sert à ça avoir un médecin de famille non?

Entre temps les fêtes et le jour de l’an ont passé, j’ai essayé des vêtements que j’avais porté aux fêtes des années d’avant. Tout était serré. Mais j’ai pas capoté, j’ai simplement porté un truc dans lequel j’étais confortable, pour passer à 2019 et aussi pour passer à autre chose. En rédigeant mes souhaits pour la nouvelle année, j’ai mis le focus sur beaucoup de positif. J’me suis pas mis de pression pour tout ce qui attrait à mon physique. J’ai pas accouru au gym la première journée de ré-ouverture. Premièrement parce que je sentais le besoin de me reposer et de combattre mon rhume, et deuxièmement, parce que j’avais besoin de prendre soin de moi. J’ai pris le temps que je pouvais pour le repos, en recommençant à mon rythme le travail. J’ai pris un bain chaud, chose que je n’ai pas fais depuis des mois. J’ai écouté plein de films, de séries. Tellement que j’ai perdu le compte. J’ai concocté des bons repas et même une nouvelle recette de smoothie coloré.

Aujourd’hui, j’ai revêti pour la première fois depuis une semaine, mes jeans favorites. Des tailles hautes, bien ajustées. Et j’ai apprécié ce que j’ai vu dans le miroir. Mes founes, qui même si elles ont perdu un peu de leur rondeur due à mon absence de squattage au gym, sont toujours aussi mignonnes. J’ai hâte de recommencer à bouger, à faire sortir le mauvais. Parce que pour moi, le gym est ce qui me fait le plus grand bien au niveau du mental. Pis c’est peu dire. J’ai hâte de connaître le résultat de mon rendez-vous chez le doc pour que ma tête arrête de s’en faire avec tout ça. J’ai hâte de reprendre possession de toute mon moi. 

C’est correct d’avoir ces pensées croches temps en temps, mais faut savoir passer à autre chose un moment donné. Faut savoir tirer le meilleur de tout. Malgré mon ventre enflé des derniers mois, mes petits yeux brillants et pétillants sont toujours bien là. J’pense qu’on se met beaucoup de pression sur des choses qui sont de surface, quand on se sent pas à la hauteur. Juste avoir perdu ma dose de self-confidence et m’être laissé submerger par l’insécurité m’a fait douter de choses, sur quoi à la base, je ne me serais jamais posé de questions. We need to let go. Le plus qu’on let go sur les sentiments dont on a pas le contrôle, le mieux qu’on se sent. 

2019 brillera. Je vais faire en sorte de tirer le meilleur qu’il en soit, de tout. Je vais faire en sorte de m’aimer plus, avant tout. Pour me sortir de ces tempêtes là si elles reviennent. Bye Novembre, bye décembre. Vous êtes histoires du passé. 

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