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Offrir plus souvent que recevoir.

J’ai toujours été la personne qui aime offrir. Cadeaux de noël ou d’anniversaire – pas mal plus excitée de donner ce que j’ai préparé depuis un moment que de recevoir à mon tour. J’ai toujours aimé souligner les événements importants. Que ce soit un bon coup au boulot ou encore un anniversaire de mariage, j’ai toujours cru que chaque moment heureux avait droit à sa dose de festivités. Ma mère était comme ça. Une bonne note à l’école amenait un petit mémo dans la boite à lunch qui citait à quel point elle était fière de moi. Un nouveau travail amenait une nouvelle paire de sandales et ainsi de suite. Elle avait cette manie de toujours avoir le don d’ajouter un petit extra pour souligner les bons coups. C’est sans doute d’elle que j’ai pris ça.

Quand j’ai lancé Classy Lipstick il y a quelques années, j’avais organisé un lancement dans le vieux-port. Je me rappelle que je voulais d’abord qu’on fête le fait qu’après quelques années, ce blogue avait finalement assez de sérieux pour avoir pris sa place sur le web. J’y ai rassemblé quelques uns de mes blogueurs et youtubeurs préfs, ma famille et mes ami(e)s. Ça été festif, oui. Quand j’y repense, je me rappelle avoir adoré ma soirée. Mais aussi, pas m’être prise pour de la marde d’organiser un lancement de blogue quand dans le fond, j’étais encore pas loin de mes débuts. Plus tard, j’ai souligné le lancement de l’Agence Ely Lemieux, ma business. J’étais si fière de pouvoir dire que j’croyais assez en moi pour me pousser à réaliser mon plus grand rêve, avoir ma business. Un autre resto de loué, des tonnes de bouchées, des cocktails et des gens que j’appréciaient, on saluait une soirée réussie. Avec le plaisir de faire la fête et de rassembler ceux que j’aime, j’ai fais une autre grosse soirée pour célébrer le 1 an de ma business. Ami(e)s et connaissances se sont rassemblés à nouveau – y devaient commencer à être tanné(e)s tsé – pour souligner ça. Le 1 an en tant que tel, je tenais à le fêter parce que j’avais tellement douter de combien de temps ça durerait, de l’argent que j’allais faire, du temps que j’y mettrais. Finalement, quand le premier anniversaire a approché, j’ai réalisé que je n’avais jamais manqué de rien et que j’avais eu des clients incroyables, on devait souligner ça. Chose dite, chose faite. Un autre resto de loué, 75 personnes plus tard, du champagne et des beaux souvenirs. 

Depuis ce moment là, beaucoup de choses ont changé. 2018 a mis tellement de choses sur ma route. Des contrats incroyables, des apparitions à la télévision, des collaborations enrichissantes, des voyages, un amoureux, plusieurs bon coups. Tellement de choses que j’en ai l’impression d’être fatigante avec mon bonheur et mes moments festifs. Ma vie est depuis un moment, une montagne-russe de bonnes nouvelles. Ah pis, je m’en plains pas tsé. J’en aurai assez bavé depuis les dernières années pour maintenant apprécier tout ce que j’ai récolté – hé oui, même si ça sonne égocentrique, je le pense. 

Si tu tasses les bouchées, les bons coups et le champagne, tu retrouves une prise de conscience que j’ai fais cette année. Après avoir mis efforts et temps dans la fameuse 3e édition du Brunch by the river, cette levée de fonds à la maison où je recevais les gens pour un boozy brunch privé un beau dimanche de juillet, j’avais eu ma première claque sur la gueule. Après plus de 275 invitations, la température avait décidé de ne pas être des nôtres. Pour la première partie de la journée. Quelques heures plus tard, le soleil était là pour de bon. Par contre, les invités eux, ils ont pogné la chienne. Sur 275 personnes, si 75 se sont présentés, c’est gros dire. Des mois de travail, à préparer l’emplacement, les commandites, bouquer le dj et tous les autres petits détails qui font d’un événement de ce genre quelque chose d’agréable. En une seule matinée de pluie, j’ai réalisé que dans le fond appart les amis proches, y’a pas grand chose qui tient. Ils étaient là, les miens. Mais les autres qui courraient les invitations de grands lancements, pour profiter des bouchées et des cocktails d’arrivé, ils étaient demeurés cachés, en se disant que même si la pluie était passé, ça valait pas la peine de se déplacer. En réalisant ça, ça m’a fait sentir tout croche. Moi qui croyaient qu’ils étaient tellement tous fièr(e)s de mes projets, de mes événements. Surtout quand pour une fois, la fondation pour laquelle tu veux ramasser des dons se trouve à être la maison de soins palliatifs où ta mère est décédée, j’vous le jure j’ai pogné un mur. J’me rappelle que le lundi matin qui a suivi, j’ai pleuré non-stop dans mon lit. J’ai demandé à mon chum si on pouvait partir. On a loué une chambre d’hôtel à Tremblant et on est parti de la maison un 48h, question de me changer les idées. J’ai pas touché à l’argent à déposer avant 3 semaines. J’étais déçue, mais à un point que j’ai décidé que c’était terminé, c’était la dernière fois.  

crédit : Pinterest

Quand j’ai commencé à travailler sur ce site, j’avais en tête qu’enfin, j’aurais le site parfait, celui que j’imaginais dans mes rêves. Celui sur lequel il me ferait bon de coucher toutes mes pensées, mes trouvailles, vous jaser. C’est ce que j’aime faire le plus, c’est ma passion. Il en aura fallu pas mal plus que ce que vous croyez. Étant la personne la moins techno du monde, monter un site à même un wordpress qui soit beau et potable était de loin, quelque chose dont j’étais capable. J’me suis pitché d’une agence web à une autre, en me fesant niaiser d’un bord pis de l’autre. Y’aura fallu 6 mois avant qu’une agence avec qui j’avais démarré le tout, décline mon projet – par manque de temps et d’intérêt. J’me fesais repousser à chaque mois, en me disant que tout serait prêt le mois d’après. Pour finir avec un message d’excuse et d’explications. Même à ce moment là, j’ai relevé mes manches et je me suis mise à m’informer sur ce qui serait le mieux comme move. Trouver une nouvelle agence, ajuster le tout avec ma designer graphique, faire en sorte qu’on comprenne que j’avais besoin de ça pour vivre. Un prêt plus tard, des centaines de messages échangés, on avait un plan. 7 mois après, je disais enfin adieu à ce qui m’avait propulsé dans la vie. Je closais « classylipstick.com » pour de bon, et on passait à autre chose. Pour moi, ça c’était le plus gros move que je pouvais faire. C’était comme passer d’adolescente à adulte. Il y maintenant près d’un mois, j’ai lancé le tout. Sur le web seulement. La question a pas tardé à se faire demander ;  » Y’est quand le party pour célébrer ça? » 


Y’en aura pas. Parce que pour une fois, j’suis tannée de donner plus que de recevoir. Encore une fois, j’ai lancé ça et on a cru que c’était juste une autre bonne nouvelle parmi tant d’autres. Ça été la même chose quand je me suis fais signer par une agence de représentation. La petite fille de 19 ans qu’on avait tellement niaisé au sujet de sa page à lipgloss, avait réussi à se rendre jusque là. J’ai une agente qui s’occupe de moi maintenant. Mais ça aussi, c’était pas si spécial. C’était juste sujet à être liké sur Facebook. Cette semaine c’est ça, le mois prochain ce sera quoi?  On m’a même pas invité à prendre un verre pour le souligner. On s’est même pas vraiment informé de comment ça allait depuis que le nouveau site était sorti? Parce que ben oui, même si j’ai pas diplôme universitaire de blogueuse, c’est un métier comme un autre. Ça implique du travail, des changements et surtout, du temps.  J’ai pleuré dans les bras de mon chum, parce qu’avant, ma mère aurait été la première a m’offrir des fleurs ou à mettre une bouteille de bulles au froid pour souligner ces accomplissements là. Mon père m’a dit Bravo!, comprenant pas trop ce que ça impliquait que sa fille fasse ces moves là. Moi, les yeux trempés d’y demander de me dire qu’il était fier de moi – pour au moins me dire que j’avais rendu quelqu’un de vraiment fier. Y’aura fallu que je réalise certaines choses de mon côté, qui vont probablement changer le cours du reste de ma vie. Je me suis rendue compte que je ne peux pas espérer que tout ce que j’offre, je l’obtienne en retour. Du temps, des attentions, des présents.. Comme quoi tous les beaux moments glorieux, viennent aussi avec un petit bof, chose de quoi on parle souvent un peu moins. 

Alors voilà, j’ai décidé d’essayer d’être un brin plus égoïste. De penser à moi, parfois plus qu’aux autres. De moins accorder de l’importance à me valider, moi et mes projets aux yeux des autres. De moins dépenser d’énergie à essayer tellement de faire plaisir, alors que souvent, la puck me revient pas. J’ai aussi réussi à faire du ménage dans ces gens que je croyais mes amis, ceux qui rôdent juste quand c’est beau et brillant. Moi qui croyais qu’entretenir les petites attentions que ma maman faisait, était quelque chose de banal, j’me rends compte qu’elle a donné beaucoup plus que pas assez. Et c’est quelque chose qui va longtemps me manquer. 

Pensez à vous en premier. C’est comme vraiment important. 

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